L'entrepreneur, c'est juste la nature, en mieux !

Posted by:
Olivier Bazire
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January 6, 2020

L'entrepreneur, c'est juste la nature, en mieux !

La nature n'est pas guidée par une volonté déterminée. De fait, le hasard (la contingence pour les pointilleux) tient une place prépondérante dans l'évolution. On dit donc que la nature est indéterministe.

La nature produit des syst√®mes d'une telle complexit√©, o√Ļ tout est tellement intriqu√©, que √ßa donne l'impression que tout a √©t√© calcul√© au cordeau. Alors que justement non, tout est d√Ľ au couple diversit√©/s√©lection qui ajuste toutes les caract√©ristiques des esp√®ces en permanence. La reproduction va g√©n√©rer de la diversit√© par essais et erreurs. Si cette diversit√© est favorable, elle va √™tre reproduite. Dans le cas contraire‚Ķ

Si on ne peut qu'être abasourdi par le résultat, d'une diversité et d'une efficience insolentes, on est un peu plus circonspect sur la lenteur et la cruauté du processus. La lenteur : l'absence de déterminisme laissant la place à des micro-changements se produisant de générations en générations, la nature a une échelle de temps…inhumaine ! La cruauté : les espèces les plus faibles se font massacrer par les espèces plus fortes et doivent leur survie à leur fertilité. Même en haut de la chaine alimentaire, il faut se battre pour défendre son garde-manger…et ça peut-être d'une grande violence !

Si nous voulons atteindre la diversité et l'efficience de la nature dans notre écosystème sans générer de cruauté et en accélérant le processus, nous devons y apporter du déterminisme, micro et macro.

Le d√©terminisme micro-√©conomique est apport√© par l'entrepreneur. Consommateur lui-m√™me, il a un caillou dans la chaussure o√Ļ il r√™ve d'un produit/service diff√©rent voire disruptif. Il va donc d√©terminer une nouvelle offre et la proposer aux consommateurs. Si l'offre plait, elle survit, dans le cas contraire, elle s'√©teint. Ce sont les milliers de milliards d'interactions micro-√©conomiques entre les entrepreneurs et les consommateurs qui vont apporter du progr√®s sous forme d'efficience et/ou de diversit√© √† la soci√©t√© tout enti√®re. C'est bien la micro-√©conomie qui transforme la macro-√©conomie dans un processus d'une complexit√© inhumaine.

Le déterminisme macro-économique est apporté par l'état. S'il est suffisamment humble pour comprendre que le système est trop complexe pour qu'il en comprenne toutes les interactions, il va porter son effort sur l'accompagnement du processus micro-économique. Il a 2 sujets : la création de diversité efficiente et l'absence de souffrance.

On a vu que l'entrepreneur √©tait le cr√©ateur de diversit√© efficiente par excellence. Pour transcender ses dispositions cr√©atives, il a besoin de capital. Le capital, ce sont ses connaissances, les connaissances disponibles sur le march√©, son argent et l'argent disponible sur le march√©. Le coeur du sujet est donc d'avoir un excellent syst√®me √©ducatif et une fiscalit√© qui incite √† l'√©pargne active (le syst√®me bancaire n'√©tant qu'un levier au capital ‚Äď on en reparlera).

Sans consommateur, le processus n'est pas complet. Il a le r√īle essentiel de s√©lectionneur. Pour lui comme pour la soci√©t√©, il va falloir lui apporter la connaissance et la transparence n√©cessaire pour qu'il √©vite de se faire tromper ou de se tromper lui-m√™me‚Ķle former aux biais cognitifs de son cerveau est donc primordial !
Evidemment, la diversité va apporter son lot de souffrance à court terme et à moyen terme. Seules les entreprises doivent subir la violence et mourir, pas les humains. Car contrairement aux personnes morales, les personnes physiques souffrent. De plus, l'économie, dans la sa création de richesse, peut avoir des effets négatifs, notamment environnementaux sur les humains.

Pour se remettre d'un d√©p√īt de bilan ou d'un licenciement, l'humain va devoir avoir acc√®s √† l'√©pargne et √† la connaissance pour se remettre en selle. La souffrance mat√©rielle ne doit pas s'ajouter √† la souffrance morale (c'est qu'on s'y attache √† ces personnes morales !). Bref, le risque d'√©chec doit √™tre favoris√© en limitant ses cons√©quences ou sinon seules les t√™tes brul√©es et les riches en prendront. Et le risque est une richesse ("je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends" ‚Äď Mandela), il doit √™tre d√©mocratis√© pour qu'il devienne une culture.

Dans le langage économique, l'effet négatif d'une activité humaine sur son environnement est appelé "externalité négative". A part la connaissance (et encore), quasiment tout produit des nuisances à des degrés divers, directement ou (très) indirectement. C'est à l'état d'agir pour limiter ces effets. Ce sera l'objet du futur article.
Après ce long développement, vient le moment de la synthèse. Et elle est simple : l'entrepreneur, aidé par un environnement favorable, est le créateur de richesse et de diversité qui, par sa détermination, apporte la vitesse qui manque à la nature dans son processus d'évolution. Il doit avoir accès à un capital (cognitif, financier) abondant pour prendre des risques et se relever de ses échecs. La communauté doit y ajouter la formation des consommateurs et la gestion des externalités négatives pour parfaire le système.

UDo a été créée avec l'idée de donner les moyens techniques et financiers aux entrepreneurs pour transcender leur créativité. D'ici quelques mois, nous lancerons une plateforme de formation et d'épargne dédiée aux agences et indépendants qui travaillent avec nous. Elle sera aussi le lieu d'une grande transparence pour permettre à nos clients de choisir au mieux leurs prestataires. Pour atténuer les externalités négatives de notre activité (énergie et métaux rares de nos serveurs), nous faisons porter le financement de la plateforme par une taxe prélevée sur la sollicitation de nos serveurs.

Vous&UDo, c'est juste vous en mieux…mais c'est aussi un biomimétisme de la nature, en mieux !